

En vrac ou bien rangées,
toutes les choses qui nous entourent sont passées un jour par un carton. Un carton de protection, un carton d’emballage, un carton de transport ou un carton de livraison. Objets du quotidien,
produits d’entretien, de toilette, alimentaires, habillement ou décoration. Tout est passé par des cartons.
On les oublie.
Quelqu’un les recycle. Tous s’empilent quelque part. À se demander si, par correspondances, nous-mêmes ne sommes pas fraichement débarqués d’un carton. Si nous ne sommes pas expédiés d’un
endroit ou réexpédiés vers un autre. Avec ou sans les papiers nécessaires et plus ou moins volontairement.
On est alors comme mille autres.
On fait, défait ses cartons. On s’en adresse pour les noces, les décès, les événements. Petits ou grands. J’ai fait un véritable carton ! dit-on. À l’inverse dans le plus grand dénuement
et dans la rue, l’existence se résume à quelques bouts de carton.
Et la vie cartonne
encore.
andy kraft. V.R.A.C. n°12. Octobre 2009
