paginaire collectif 2

extraits

Recueil de textes et dessins, 32 pages, 21 x  14,5 cm

tiré à 30 exemplaires. adressé par voie postale à 30 personnes ayant répondu à un protocole de correspondance sur le média social facebook @AK.andykraft

COMME SI QUE OUI MAIS NON !

Un long texte et détaillé

Et complet sur la situation

Telle qu'elle est,

Telle qu'on croit qu'elle est,

Et surtout telle qu'on l'a construite

Pour, de plus belle, croire

Ce qu'elle n'est pas,

Accroire ce qu'elle ne peut pas être

Et ainsi accroître

Le nombre de ceux

Qui la connaissent de mieux en mieux.

(On ne peut pas mieux dire. )

Dans un premier gras paraphe,

Inventer plus qu'inventorier,

Les raisons de croire

Que tout va mal, tout est foutu,

Que rien ne va plus

Et tant qu'à faire disparaître

Des espèces

Sans que d'autres n'en tirent profit,

Autant les tirer soi-même

Et ainsi profiter de la vie comme elle va,

Plutôt que de se lamenter

En d'inutiles et vaines questions

Pour ensuite se dire

Et s'entendre dire

Que ce n'est sans doute pas très juste,

Ni honnête de le faire

Et de le penser ainsi

Mais puisque, tout compte fait,

Au final,

Il n'y a rien d'illégal dans l'histoire.

Se redire,

Avant de se l'entendre dire

Qu'on serait bien sot

Et bien empoté

De ne pas en profiter à son tour

De ne pas prendre une part,

Puisque énorme gâteau, il y a,

De ne pas en faire profiter

 

Sa famille, ses enfants,

Sans qui l'on est rien, ou si peu de choses,

Qu'il est bien triste, ma foi,

de laisser épouse et descendants

Dans le besoin

Des choses élémentaires

Et alimentaires aussi.

(On ne peut pas médire.)

 

Apprendre, pour finir.

Tirer parti et leçons de plus belle,

Du fin mot de l'histoire

Sans quoi,

Tout moralisateur

N'apparaîtrait aux yeux des siens

Que sous l'étoffe

D'un bateleur de campagne,

D'un affiché qui ne s'est décollé,

d'un beau parleur pour ne pas dire

beau prêcheur,

D'un placeur de costumes assermentés,

Bref d'un candidat fort dépité

À la suprême magistrature

Qu'un canard aurait estropié

Dans un marais saumâtre et glauque

De Sologne,

De Pologne,

De Cologne ou d'ailleurs

 

Et qu'on rit et qu'on raille

Entre deux flashs

Crépitants comme jour de chasse

À court d'idées

Et qu'opine du chef, de l'État,

De la FRANCE,

Comment dire plus, du monde civilisé,

Des millions de concitoyens,

Peu citoyens, ma foi,

Ballottés qu'ils sont

Comme youyou dans la tempête,

comme CAC 40, un vendredi noir,

Comme  petit pois dans crâne,

Attirés tantôt par l'aigre marine

Aux idées brunes et puantes

Tantôt par la blanche abstention

Qui demain aura perdu toute virginité

Sans avoir même songé à coucher

Des goûts, des envies

Le long de listes pas trop claires.

(On ne peut plus m'en dire.)

 

Pour conclure,

Afin de se libérer et le cœur et l'esprit,

La démocratie

Comme si que oui mais non !

Tant pis pour nous, pauvres cons…

La démocratie, non ?

Restons sur pieds !

Comme si que oui mais non !

 

Un long texte et détaillé

Et complet sur la situation

Telle qu'elle est,

Telle qu'on croit qu'elle est,

Et surtout telle qu'on l'a construite

Pour, de plus belle, croire

Ce qu'elle n'est pas,

Accroire ce qu'elle ne peut pas être

Et ainsi accroître

Le nombre de ceux

Qui la connaissent de mieux en mieux.

(On ne peut pas mieux dire. )

Dans un premier gras paraphe,

Inventer plus qu'inventorier,

Les raisons de croire

Que tout va mal, tout est foutu,

Que rien ne va plus

Et tant qu'à faire disparaître

Des espèces

Sans que d'autres n'en tirent profit,

Autant les tirer soi-même

Et ainsi profiter de la vie comme elle va,

Plutôt que de se lamenter

En d'inutiles et vaines questions

Pour ensuite se dire

Et s'entendre dire

Que ce n'est sans doute pas très juste,

Ni honnête de le faire

Et de le penser ainsi

Mais puisque, tout compte fait,

Au final,

Il n'y a rien d'illégal dans l'histoire.

Se redire,

Avant de se l'entendre dire

Qu'on serait bien sot

Et bien empoté

De ne pas en profiter à son tour

De ne pas prendre une part,

Puisque énorme gâteau, il y a,

De ne pas en faire profiter

 

Sa famille, ses enfants,

Sans qui l'on est rien, ou si peu de choses,

Qu'il est bien triste, ma foi,

de laisser épouse et descendants

Dans le besoin

Des choses élémentaires

Et alimentaires aussi.

(On ne peut pas médire.)

 

Apprendre, pour finir.

Tirer parti et leçons de plus belle,

Du fin mot de l'histoire

Sans quoi,

Tout moralisateur

N'apparaîtrait aux yeux des siens

Que sous l'étoffe

D'un bateleur de campagne,

D'un affiché qui ne s'est décollé,

d'un beau parleur pour ne pas dire

beau prêcheur,

D'un placeur de costumes assermentés,

Bref d'un candidat fort dépité

À la suprême magistrature

Qu'un canard aurait estropié

Dans un marais saumâtre et glauque

De Sologne,

De Pologne,

De Cologne ou d'ailleurs

 

Et qu'on rit et qu'on raille

Entre deux flashs

Crépitants comme jour de chasse

À court d'idées

Et qu'opine du chef, de l'État,

De la FRANCE,

Comment dire plus, du monde civilisé,

Des millions de concitoyens,

Peu citoyens, ma foi,

Ballottés qu'ils sont

Comme youyou dans la tempête,

comme CAC 40, un vendredi noir,

Comme  petit pois dans crâne,

Attirés tantôt par l'aigre marine

Aux idées brunes et puantes

Tantôt par la blanche abstention

Qui demain aura perdu toute virginité

Sans avoir même songé à coucher

Des goûts, des envies

Le long de listes pas trop claires.

(On ne peut plus m'en dire.)

 

Pour conclure,

Afin de se libérer et le cœur et l'esprit,

La démocratie

Comme si que oui mais non !

Tant pis pour nous, pauvres cons…

La démocratie, non ?

Restons sur pieds !

DE NOS SITES INTERNET

 Au mieux, sont-ils figés dans une réalité qui n’existe plus. Ils sont lisibles mais plus immobiles que les pages d’un livre, en fait, menacés d’extinction définitive en asphyxie publicitaire par bandeaux et vidéos interposés. Il ne reste aux amoureux des mots et poètes que le dictionnaire…

 À lire avec la plus grande précaution. Trouver et retrouver les mots, n’est-ce pas recréer le monde ? Et par la même, devenir un écrivain sans lecteur, sans texte, ni papier, ni stylo, ni clavier non plus. C’est être au monde en le nommant. L’ennui, c’est que chaque année de nombreux mots disparaissent au profit de petits nouveaux. C’est un peu comme pour les rayonnages des médiathèques, le numerus étant clausus, chaque nouvelle entrée suppose, oblige une sortie !

Cela porte le joli nom d’effeuillage mais a peu de rapport avec ce qu’on imagine du côté de la Place Clichy !

Bien pis, ceux qui entrent aujourd'hui seraient plutôt les maux de la société. Peu de lien, en fait, avec la poésie. C’est du pragmatique, du rapide, du facile, du prêt à consommer puisqu’il deviendra vite indécent de parler de prêt à l’emploi. J’ai peur que mon dico soit aussi sous la coupe de la dictature néolibérale. S’il n’est utilisé, un mot disparaît au profit d’un autre qui collectionne les like 👍🏻 sur le net, fut-il des plus laids, fut-il des plus vulgaires, sans parler de son sens.

Reste au poète du jour, contemporain étant déjà daté, à s’adapter et trouver à poétiser avec ce qu’il lui reste d’imaginaire dans les utilités. Car à quoi bon créer, composer avec des images qu’on ne mentaliserait pas…

Toutefois comme par essence, par naissance, le poète n’a rien à vendre, il peut continuer de rimer avec ce qui lui plaît. Cela ne change rien à sa situation ( il n’en a pas), ni à ses picaillons ( trouve-t-on la définition de ce mot sur un site quelconque ?). Tant pis pour ceux que cela ne trouble pas.

C’est sans doute cette liberté qui fait que tout se poétise pour lui. Un autre dictionnaire s’offre alors à lui, loin du filon éditorial des amoureux de Paris, de la Belgique, du fromage ou de n’importe quoi d’autre. Je veux parler du dictionnaire historique de la langue ! Et ce qui semble de prime abord rébarbatif ; dictionnaire, histoire, langue, s’ouvre sur un jardin de possibles et de sens qui ravit le poète et l’enchante tout en l’entraînant à la suite du temps et des mots qu’il sait faire siens.

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